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Temps de lecture : 4 minutes


Tout d’abord, lorsqu’ils sont jeunes et qu’ils commencent tout juste à décrypter, l’environnement familial joue un rôle de premier plan. Cela passe par la présence de livres à la maison, la fréquentation de lieux où lire procure un avantage (musée, supermarché, librairies évidemment) et le fait pour les parents / frères / soeurs d’être lecteurs soi-même. 

A l’âge où voler les privilèges des adultes relève de l’obsession, faire de la lecture son domaine réservé, c’est en faire inévitablement un objet de désir. Daniel Pennac raconte un épisode de sa jeunesse où son frère lit sur la plage un livre “avec lequel” il rit. Intrigué, le jeune Daniel demande ce que c’est. Il finira par terminer ce roman que son grand frère ne reverra plus jamais. 

C’est le meilleur moyen de susciter leur curiosité. En définitive, c’est ici que se trouve la clé du “succès” : Susciter la curiosité et l’adhésion de plein gré de l’enfant.

Une fois cette première étape réalisée, il s’agit de maintenir cette curiosité, de l’alimenter, de la pérenniser. Un grand nombre d’enfant lâche l’affaire durant cette période. La première des raisons tient du fait qu’il s’agit souvent de l’entrée au collège où les lectures imposées s’intensifient et créent avec leur lot d’évaluation et de comptes rendus une aversion à l’égard des livres. Ajouté à la pression des parents qui associent lire et réussir, le tout nouveau lecteur se sent trahi et abandonne vite.

Petite digression : Élève ou enfant ?

Il y a là une confusion à lever entre l’élève et l’enfant. L’élève lit pour apprendre et cet apprentissage est sanctionné par des contrôles. L’enfant lit pour tout un tas de raison, mais pas pour se faire interroger à la fin. Il est important de distinguer les situations, car si un enfant est volontiers bon lecteur, il le sera quasiment automatiquement en tant qu’élève. L’inverse est bien rare. Dès lors que lire est associé à une utilité, l’habitude disparaîtra aussi vite que l’utilité s’évanouira. Cela dépend de ce que vous attendez de votre enfant, un lecteur ou un élève.

Fin de la digression.

Afin d’éviter l’abandon précoce de notre petit héros, il est important de le laisser lire. Quoi qu’il en coûte. Le laisser lire des BD, des mangas, des magazines, même s’il n’y a aucun “classique” à côté, même s’il regarde avant de s’engager s’il y a des illustrations. Cela lui donne le goût des histoires. Il en avait eu au berceau, il les retrouve ici, mais seul. Cela a quelque chose de magique. Cela forge ses habitudes futures.

C’est notre parti pris chez Lulu & Kroy. Plutôt que de forcer des enfants, plus habitués à Fortnite et PES, à lire Hugo et Balzac du jour au lendemain (meilleure idée pour les en dégouter d’ailleurs), nous procédons par étape en basculant du jeu à la lecture sur le même support. Puis une fois le goût de l’histoire bien installé, nous faisons le pari qu’il ira de lui-même en librairie.

Viendra bien assez vite le temps où il se lassera de ses lectures de jeunesse, pour se tourner vers quelque chose de différent. Le rôle parental est alors important. Être attentif à cette évolution permet de saisir au vol l’occasion qui se présentera entre deux couloirs au détour d’un “J’ai terminé mon dernier roman. J’aimerais bien lire autre chose…”. Partager régulièrement ses propres lectures tisse ainsi un fil d’Ariane avec votre enfant si bien qu’à l’instant où il se tournera vers un univers littéraire inconnu, il aura tous les éléments pour se lancer avec confiance.

Le vernis, l’opération finale

Dernière étape, et pas des moindres. Fixer définitivement le réflexe de la lecture dans le cerveau de votre aimé. A l’instar du vernis que le luthier applique à un instrument pour le protéger des attaques du temps, il vous reste à passer un bon vernis sur ses acquis pour les ancrer profondément. L’enjeu est de faire de la lecture un acte libre de toutes les contingences du réel, qu’elles soient sociales ou environnementales. Le collège avançant, l’esprit de la bande va se développer. La lecture en bonne activité solitaire qu’elle est, ne va pas correspondre à ses nouvelles attentes. Avec l’intensification des activités extra-scolaires de toute nature, puis des études supérieures ou des premiers stages et l’apparition du sacro-saint “plus le temps”, les situations et les arguments ne manqueront pas pour se défausser. Sans en faire une fatalité, il faut cependant en être conscient pour que la lecture reste toujours une habitude.

L’enjeu est donc de taille, d’autant plus que ce n’est pas dans l’effervescence de la vie, qu’il sera facile pour lui ou pour elle de remonter à cheval après des années au minimum imposé. Afin d’ancrer ses habitudes, l’orienter sur des lectures “addictives” est efficace. Il faut qu’il ait l’expérience d’un roman qu’on ne peut pas lâcher, d’un roman pour lequel on est prêt à sacrifier ses nuits. C’est très important, car cela laisse un antécédent, un goût de déjà vu. Ensuite, il est important qu’il ait accès à différents styles de littératures. Avant de partir dans les grandes eaux de la vie, qu’il ait à l’esprit l’incroyable diversité des ressources disponibles est primordial. Qu’il ne cantonne pas la littérature à un type d’écrit permet de laisser persister dans son esprit la présence de la lecture.

S’il s’agit là d’une méthodologie  pour inciter les enfants à lire, la prochaine étape est logiquement celle du choix des livres. Aussi bien pour l’accrocher que pour le pousser à se dépasser. C’est l’objet de cet article.

Kàroly Fogarassy

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Catégories : Lecture