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C’est une question qu’on se pose finalement peu…  surtout quand on aime lire régulièrement. Et pourtant… vient un jour où il faut trouver les mots (pour la scolarité d’un enfant par exemple). Alors, que l’on soit grand lecteur ou pas, que l’on cherche des arguments pour soi ou pour d’autres, cet article est fait pour vous.

La lecture n’est en rien une évidence… ni pour nous, ni pour nos enfants

Pour mettre au point Lulu & Kroy, nous avons interrogé un grand nombre de lecteurs, de futurs lecteurs, mais aussi de non-lecteurs. Nous avons écumé les forums et blogs littéraires. Nous avons harcelé notre entourage. Ce qui est frappant, c’est qu’il n’y a globalement pas d’argumentaire simple et efficace.

La plupart s’abandonne à un “je lis, c’est comme ça. J’ai ça dans le sang depuis que je suis petit”. Parfois, certains trouvent des raisons au débotté, qui n’en sont pas moins valables d’ailleurs, mais qui révèlent bien la surprise : “euh… si ! Je me cultive en lisant ! Et puis je m’évade… Cela me fait penser à autre chose”. 

Même ceux qui ne lisent pas n’ont pas toujours en tête les avantages de la lecture. 

Tout cela pour en venir où ? A l’idée que justifier son goût pour la lecture n’a rien d’évident. Et de manière générale, que les avantages de cette dernière sont finalement peu connus.  C’est une pratique ancrée dans notre culture et notre inconscient à tel point que c’en est un réflexe pour une grande partie d’entre nous. Alors, si ce n’est pas évident pour nous, adultes, admettons que ce n’est pas non plus évident pour des enfants.

Il n’y a pas de raison universelle

Chacun a des raisons différentes de lire… et de ne pas lire. Faîtes le test autour de vous, vous le verrez vite. On peut néanmoins dégager des tendances générales suivant le niveau du lecture, la tranche d’âge ou le moment de la journée.

On dira plus facilement à un enfant que lire permet d’acquérir du vocabulaire et de parfaire sa syntaxe (avec ses mots bien sûr), alors qu’on préférera vanter auprès d’une classe d’âge plus avancée les vertus culturelles de tel ou tel ouvrage historique. Le moment de la lecture est également important. Lire sur la plage ou après une journée éreintante ne manifeste pas les mêmes ambitions. Dans un cas, lire apporte du plaisir quand dans l’autre, il ouvre une échappatoire sur des horizons chimériques.

Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de raison universelle. Encore moins atemporelle. C’est là tout l’enjeu de la transmission à un enfant : ne pas lui imposer ses propres raisons, mais lui donner les moyens pour qu’il se forge les siennes. C’est un travail sur le long terme.

Par où commencer ?

Avec tout cela, on est tenté de se décourager. Comment pousser un aspect particulier de la lecture, alors qu’il faudrait qu’il lise pour que je sache que cet aspect lui plaît ? C’est vrai et en cela, que c’est un travail de longue haleine. C’est à tâton en arrosant large, sans chercher l’efficacité, que cela aboutit. 

Voici une liste concise (non exhaustive) des raisons d’aimer la lecture. Il s’agit là de points purement techniques :

  1. Procurer du plaisir (se divertir)
  2. Augmenter la connaissance (historique, artistique, littéraire)
  3. Aider à la concentration (suivi de l’intrigue, des protagonistes)
  4. Développer l’imagination (se figurer ce qui n’est que décrit ou vaguement évoqué)
  5. Stimuler le cerveau (solliciter des souvenirs antérieurs, créer du lien entre événements)
  6. Réduire le stress (synchroniser les battements cardiaques sur le rythme des pages)
  7. Parfaire son langage (vocabulaire, syntaxe)
  8. Fortifier la mémoire (mémoriser les personnages, les situations, les lieux)
  9. Aiguiser la curiosité (montrer que dans chaque recoin du monde sommeille un trésor)
  10. Offrir un moment de détente (tranquilliser le cerveau avec une activité non violente)

Les arguments en faveur de la lecture ne s’arrêtent évidemment pas là. Comment ne pas citer ceux de Charles Dantzig par exemple, qui livre dans son essai bien nommé Pourquoi lire ? un bel éloge de sa gratuité :  “ La lecture n’est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l’orgueil, la timidité, le silence, la reculade. […] Lire ne sert à rien. C’est pour cela que c’est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien.” C’est en effet le meilleur moyen de sortir la lecture de la logique des notes, du contrôle et des devoirs pour en faire un jardin secret, à l’abri des vicissitudes du monde. 

Enfin, et pour clore cet article, on ne peut pas négliger la dimension poétique que Daniel Pennac aime à rappeler comme dans cet entretien :

”Ce qui peut motiver un ado, c’est de retrouver le plaisir du décryptage qu’il a ressenti enfant, lorsqu’il a pour la premier fois accompli le passage du signe au sens. C’est le voyage intellectuel le plus gigantesque que nous faisons dans notre vie et je crois que c’est à partir de ce plaisir que l’on peut réconcilier les jeunes avec la lecture.”


Daniel Pennac – Entretien donné au journal La Croix à l’occasion de la Nuit de la lecture 2018

Károly Fogarassy

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Catégories : Lecture